J’ai testé le pare-Brise givi versus le puig à 130 km/h : ce que les vibrations m’ont appris

mai 11, 2026

Le vent frappait fort sur l’autoroute quand j’ai enclenché le régulateur, casque vissé, pour tester le pare-brise Puig. Je voulais vérifier le fameux phénomène de vibration à 130 km/h que certains motards rapportent. Cette série de tests s’est étalée sur plusieurs sorties entre 1 et 2 heures, toujours à vitesse stable, avec deux pare-brises montés successivement sur ma Yamaha MT-07. J’ai modifié la fixation du Puig en lui greffant des joints en caoutchouc, histoire de voir si ça limitait la fatigue liée aux tremblements du guidon. Le Givi, lui, restait ma référence pour une protection plus stable. Ce que j’ai découvert au fil du bitume m’a donné des pistes concrètes sur la manière dont ces deux modèles se comportent à haute vitesse.

Comment j’ai monté et testé les pare-Brises sur autoroute à 130 km/h

J’ai entamé le test sur l’autoroute française, en partant du périphérique rennais, direction Nantes. Les sessions se sont réparties sur trois semaines, avec en tout environ six heures de roulage à 130 km/h bien calé sur le régulateur. La météo est restée plutôt stable : pas de pluie, un ciel couvert mais sans vent fort, ce qui évite de fausser les mesures de vibrations ou les sensations liées aux turbulences. J’ai privilégié les trajets sur voies rapides assez rectilignes pour garder une vitesse constante et pouvoir analyser les effets du pare-brise dans des conditions quasi identiques à chaque sortie.

Pour le montage, j’ai d’abord installé le pare-brise Puig selon la notice, en serrant les fixations aux couples recommandés. Ce modèle utilise des entretoises rigides en plastique dur, ce qui limite la souplesse au niveau des points de fixation. Le Givi, lui, possède des fixations plus épaisses et rigides, avec un système d’entretoises en aluminium et vis inox, censé bien tenir sur le cadre. La modification clé que j’ai testée pour le Puig consistait à glisser un joint en caoutchouc entre le cadre et chaque fixation. Ce petit bricolage maison vise à absorber une partie des vibrations transmises à la fourche et au guidon, un point que j’ai voulu valider sur route.

Sur le terrain, j’ai mesuré l’intensité des vibrations au guidon à l’aide d’un capteur manuel que j’ai bricolé avec un accéléromètre simple, fixé sous la poignée gauche. J’ai noté les données à chaque session, en parallèle avec mon ressenti personnel. Le guidon vibrait plus avec le Puig en montage standard, surtout au-dessus de 120 km/h. J’ai aussi observé les turbulences sur mon casque, en prêtant attention aux mouvements d’air et aux bruits parasites. La visibilité restait bonne avec les deux pare-brises, mais les différences de stabilité et de confort aérodynamique étaient palpables. Ces mesures couplées à mes sensations m’ont donné une base solide pour comparer les deux modèles.

Le jour où j’ai compris que le puig vibrait trop sans joint

Lors de ma première session avec le pare-brise Puig monté sans joint, à 130 km/h, j’ai senti tout de suite que ça ne collait pas. Le guidon vibrait franchement, avec une fréquence moyenne qui se transmettait dans les mains, presque comme un tremblement sourd. Après 40 minutes, la fatigue s’est fait sentir, surtout au niveau des avant-bras. J’ai pris conscience du problème de vibration avec le Puig en m’arrêtant sur une aire d’autoroute après 40 minutes à 130 km/h, constatant que le guidon vibrait nettement plus que sur ma moto sans pare-brise. Ce moment a été un déclic, j’ai voulu vérifier le montage.

J’ai refait un check rapide du serrage des fixations, en utilisant une clé dynamométrique pour être précis. Le jeu était minime, mais assez pour laisser filer un léger balancement du pare-brise. En mesurant la fréquence des vibrations, j’ai relevé environ 18 Hz, ce qui correspondait à un phénomène de résonance aérodynamique amplifiée par la rigidité des fixations. Cette fréquence s’est confirmée par le ressenti du guidon, ce qui expliquait la fatigue rapide. J’ai aussi remarqué que le pare-brise semblait légèrement fléchir au niveau des fixations lors des pics de vibration.

J’ai tenté de resserrer encore les vis, mais ça n’a rien changé. La fixation rigide ne dissipait pas la fréquence de résonance, ce qui a été frustrant. Ce fading aérodynamique ne se supprimait pas par un serrage plus fort, j’ai dû me rendre à l’évidence que le problème venait de la structure même du montage. Le manque de souplesse dans les entretoises accentuait ce phénomène, et la longueur modérée du pare-brise Puig ne facilitait pas la répartition des efforts aérodynamiques.

Pour comparer, j’ai monté le pare-brise Givi sur la même moto, en gardant les mêmes conditions. Là, la différence était nette : quasiment aucune vibration perceptible au guidon, même après une heure à 130 km/h. La protection contre le vent était meilleure, le casque recevait moins de turbulences. Par contre, j’ai remarqué un léger sifflement derrière le casque, que j’ai d’abord attribué à ma fatigue. En démontant le pare-brise, j’ai constaté que la fixation n’était pas parfaitement alignée, ce qui provoquait ce bruit parasite. Une correction rapide du serrage et de l’alignement a suffi à faire disparaître ce sifflement.

Trois semaines plus tard, après avoir ajouté les joints caoutchouc sur le puig

J’ai décidé de passer à l’action en ajoutant des joints en caoutchouc entre les fixations du pare-brise Puig et le cadre. Ce bricolage, simple à réaliser, vise à découpler légèrement le pare-brise de la rigidité du cadre, dissipant ainsi les ondes de résonance qui causent le fading. Techniquement, ces joints en caoutchouc servent d’amortisseurs, filtrant les vibrations à fréquence moyenne qui se transmettent habituellement par les fixations rigides. Je les ai découpés sur mesure, assez épais pour ne pas écraser mais pas trop mous pour éviter un jeu excessif.

Après remontage, j’ai refait les mêmes parcours sur autoroute, toujours à 130 km/h. Mes mesures au capteur ont montré une baisse d’environ 60 % de la fréquence et de l’intensité des vibrations au guidon, un résultat concret qui m’a rassuré. Le fading était nettement atténué, la fréquence moyenne descendait à 7-8 Hz, plus supportable pour les bras. La sensation de fatigue après une heure de roulage a diminué, et j’ai pu garder une position plus détendue sur la moto. Par contre, j’ai noté qu’il restait une petite turbulence sur le casque, un peu plus marquée que sur le Givi, qui semblait liée à la forme du pare-brise.

Côté surprise, après quatre mois d’utilisation régulière, j’ai remarqué un léger voile blanchâtre qui s’est formé sur le bord inférieur du pare-brise Puig. En regardant de près, c’était un début de délamination, avec une séparation visible des couches collées. Ce défaut optique n’a pas impacté la visibilité immédiate, mais il déforme légèrement la lumière en plein soleil. Ce phénomène ne m’était jamais arrivé avec le Givi, probablement à cause de la finition différente du matériau. Cette usure m’a un peu refroidi, surtout pour un pare-brise à ce prix.

Ce que j’ai appris en testant les deux pare-Brises sur autoroute

Le pare-brise Givi m’a vraiment convaincu sur la route rapide. Son design plus haut et enveloppant réduit la pression du vent sur le casque, ce qui diminue la fatigue cervicale. En conditions réelles, j’ai constaté qu’il limite les turbulences de façon visible, même si le nettoyage doit être plus fréquent à cause d’un phénomène de glaçage. Ce dépôt micro-abrasif se forme sur la surface du plexiglas, notamment après trois heures à 130 km/h, et donne une opacification localisée. J’ai dû frotter plus souvent que pour le Puig, ce qui alourdit un peu l’entretien.

Le Puig, de son côté, offre une qualité optique supérieure sur le court terme, avec un traitement anti-rayures et un léger effet déperlant. Par contre, sans ajustement, le fading aérodynamique est réel à haute vitesse, surtout sur les modèles courts. En ajoutant des joints caoutchouc, j’ai pu réduire ce phénomène, mais la protection reste un peu moins stable que le Givi. La délamination après plusieurs mois est aussi un point faible, qui peut gâcher la visibilité et le confort visuel sur le long terme.

Selon les profils, je vois les choses ainsi : pour un motard longue distance qui roule régulièrement à 130 km/h ou plus, le Givi reste plus confortable sur autoroute, malgré l’entretien plus fréquent. En milieu urbain ou pour des trajets plus courts, le Puig peut suffire, surtout si tu prends le temps d’ajuster les fixations avec des joints. Sur les routes côtières, je note que le Givi demande une vigilance sur les vis de fixation, qui peuvent gripper à cause du sel et provoquer un jeu, source de bruit et perte de stabilité.

  • Serrer les fixations au couple recommandé, sans forcer
  • Vérifier l’orientation des entretoises pour éviter les turbulences
  • Ajouter des joints en caoutchouc sur le Puig pour limiter les vibrations
  • Contrôler régulièrement l’état des vis, surtout après exposition au sel

Mon verdict après 6 heures à 130 km/h : vibration, fatigue et choix entre givi et puig

Le phénomène de fading du pare-brise Puig m’a clairement fatigué à haute vitesse, avec une vibration qui s’est ressentie au guidon dès 120 km/h. L’ajout de joints caoutchouc a réduit cette vibration de façon concrète, mais pas totalement. La fatigue s’est atténuée, je pouvais rouler plus longtemps sans crispation, mais le pare-brise restait moins stable que le Givi. Ce dernier a donné une sensation de rigidité rassurante, avec un gain de confort notable, notamment sur la pression du vent au casque, que j’ai estimée à environ 30 % de réduction par rapport à la moto nue.

Le Givi coûte entre 120 et 180 euros, ce qui est dans la même fourchette que le Puig. En revanche, il demande un entretien plus régulier, notamment pour éviter le glaçage qui s’est formé sur ma plaque après environ trois heures d’autoroute. La durabilité est bonne, même si j’ai dû remplacer les vis d’origine par des inox avec traitement anti-corrosion pour éviter le grippage. Le Puig, lui, a montré une usure plus visible avec le voile blanchâtre sur le bord inférieur, ce qui m’a déçu pour un pare-brise de cette gamme.

Pour moi, le choix entre ces deux modèles dépend du type de trajet. Sur longues distances à plus de 120 km/h, je préfère le Givi pour sa stabilité et son confort, même si je dois faire un check régulier sur les fixations. Pour un usage plus modéré ou en ville, le Puig reste intéressant grâce à sa qualité optique, à condition d’installer des joints en caoutchouc pour limiter les vibrations. En tout cas, ce test m’a appris que la fixation et la dissipation des vibrations comptent autant que la forme ou la finition du pare-brise.