La première fois que j’ai touché ces rétroviseurs Rizoma en bout de guidon, je sentais l’aluminium froid sous mes doigts, un vrai contraste avec le plastique grossier des rétros d’origine de ma Honda CB650R. J’avais sauté sur l’occasion un samedi matin, après avoir passé près de 150 euros pour cette paire au look racing qu’on ne voyait que sur les bécanes de piste. Sur les 120 kilomètres que j’ai roulés ce jour-là, j’ai kiffé le rendu visuel, plus agressif, plus net. Mais dès que j’ai poussé la vitesse au-delà de 80 km/h, le reflet a commencé à devenir flou, ce qui m’a obligé à bouger la tête sans cesse pour tenter de voir derrière. Ces rétros sont inutilisables en conduite rapide, sans discussion possible. J’ai continué à les utiliser, mais pour moi, ils sont une mauvaise idée si tu roules vite ou que tu veux un miroir fiable en permanence.
Ce qui m’a poussé à choisir les rizoma plutôt que les rétros d’origine
Mon profil est simple : je suis un amateur qui roule surtout en région rennaise, avec un budget serré mais prêt à payer quand je vois un vrai plus. Les rétros d’origine sur ma CB650R m’ont toujours gonflé. Trop gros, trop lourds, ils déformaient la ligne de la moto, et je les trouvais franchement peu flatteurs. Je voulais un truc plus racing, plus fin, qui colle à la philosophie de la moto. J’avais une idée précise du look : des embouts de guidon qui allègent visuellement la largeur tout en donnant une meilleure visibilité. C’est surtout la frustration de ces grands rétros carrés qui m’a poussé à chercher ailleurs. Je ne voulais pas non plus d’un truc bas de gamme qui casse au premier coup. Le prix n’était pas anodin, mais j’ai décidé de payer un peu plus pour un design travaillé et des matériaux solides.
Avant de me fixer sur Rizoma, j’ai passé pas mal de temps à étudier les autres options. J’ai regardé du côté des rétroviseurs d’origine revisités, un peu customisés avec des embouts de guidon classiques. Ces modèles coûtaient entre 50 et 90 euros la paire, mais le rendu restait trop basique et la visibilité était décevante. Il y avait aussi des modèles plus classiques, parfois moins chers, avec un design rond ou carré, mais j’avais peur qu’ils soient trop encombrants ou pas adaptés à la CB650R. La compatibilité est un vrai point à ne pas négliger, surtout avec les guidons larges et le diamètre un peu spécifique de la Honda. Ce qui m’a vraiment fait pencher vers Rizoma, c’est leur réputation pour les pièces racing et le look épuré. J’ai aussi lu plusieurs retours d’utilisateurs qui mentionnaient la forme légèrement convexe des miroirs, censée renforcer la visibilité latérale par rapport aux rétros plats d’origine. Ça m’a convaincu, même si le prix grimpait jusqu’à 220 euros la paire selon la finition.
Au final, c’est vraiment l’esthétique qui a fait basculer mon choix. La finition anodisée, les lignes fines et la forme des miroirs me semblaient coller à l’esprit racing de la CB. Ce qui m’a plu, c’est aussi le gain de largeur au guidon, qui donne une position plus agressive. Sur papier, les miroirs convexes promettaient une meilleure visibilité latérale, avec moins d’angles morts. Je me suis dit que, pour une centaine d’euros et puis que des embouts classiques, j’avais un vrai plus côté style et de fonction. Mais je savais que ce genre de pièces demande un réglage fin, et que les vibrations pouvaient poser problème. Ça faisait partie du deal, et je voulais vérifier ça par moi-même.
Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas à haute vitesse
Le montage a pris un peu plus de temps que prévu. Le diamètre interne du guidon de la CB650R est un peu juste pour ces embouts Rizoma. J’ai dû serrer à la main d’abord, sans respecter le couple de serrage recommandé, car je n’avais pas la clé dynamométrique sous la main. L’aluminium anodisé des embouts est agréable au toucher, froid et bien usiné, mais j’ai vite senti que le serrage manuel ne suffirait pas. J’ai senti un léger jeu, ce qui me laissait craindre un desserrage en roulant, mais j’ai pris le risque pour un premier test. L’ajustement du miroir était fluide, mais pas hyper précis, surtout sans graisse silicone dans le pivot. J’ai compris que ce détail aurait pu éviter des grincements plus tard.
La vraie surprise est arrivée sur la route, dès que je suis passé au-dessus de 80 km/h sur une départementale sinueuse. À 85 km/h, le reflet est devenu flou, m’obligeant à bouger la tête sans cesse pour tenter de voir derrière, un vrai cauchemar en conduite rapide. J’ai senti la vibration du guidon se transmettre directement aux embouts, amplifiant le phénomène. Le phénomène de fading du reflet m’a rapidement fatiguée, surtout sur des tronçons longs. J’ai essayé de resserrer en roulant, mais sans succès. Le rendu visuel est resté top, mais la fonction principale, la visibilité, partait en vrille dès que j’accélérais. Ça m’a fait douter de mon choix, surtout pour les sorties rapides.
Après quelques semaines, les vibrations ont laissé place à des micro-oscillations qui provoquaient un léger grincement au niveau du pivot. Ce bruit est devenu plus présent, surtout après des trajets de 50 kilomètres. J’ai alors ajouté de la graisse silicone, ce qui a réduit le grincement, mais le resserrage était nécessaire presque toutes les deux sorties. Cette contrainte m’a vite gonflée, car je préfère des pièces qui tiennent sans entretien permanent. Le manque de silentblocs dans la fixation Rizoma amplifie ces micro-vibrations, et ça se ressent au niveau du confort. Le poids d’environ 300 grammes par miroir ne calme rien, c’est même un facteur aggravant.
Le coup de massue est arrivé en fin de saison, quand j’ai démonté les embouts pour un nettoyage. En démontant les embouts après une saison, j’ai découvert que les joints en caoutchouc avaient commencé à se déliter, provoquant un jeu anormal et un claquement qui me rendait folle sur la route. C’était clair que l’exposition aux intempéries avait fragilisé ces joints, et que la qualité du produit n’était pas à la hauteur du tarif. J’ai eu le sentiment d’avoir investi dans un objet fragile, qui demande une vigilance de tous les instants. Ce délaminage a amplifié le jeu et les bruits, jusqu’à me faire craindre pour la sécurité, surtout quand j’ai failli perdre un miroir en roulant à cause d’un desserrage progressif.
Trois semaines plus tard, la surprise d’un compromis à trouver
Face à ces galères, j’ai bricolé pour limiter les vibrations. J’ai ajouté des entretoises en caoutchouc entre le guidon et les embouts, un geste simple mais qui a changé pas mal de choses. J’ai choisi un caoutchouc dense, assez épais, pour jouer le rôle d’amortisseur naturel. Le montage a demandé un peu de patience pour ne pas abîmer les filets, mais une fois en place, le reflet est redevenu plus stable à vitesse élevée. Ce n’est pas une solution miracle, mais ça a bien atténué le phénomène de fading à 90 km/h. La sensation de micro-oscillations a aussi diminué, même si le grincement au pivot est resté léger. Ce bricolage m’a fait comprendre que ces rétros Rizoma demandent une vraie attention en montage et entretien, pas juste un remplacement plug-and-play.
Avec ces ajustements, j’ai appris à vivre avec les limites du produit. En ville, les vibrations sont quasiment inexistantes, et le look fait la différence. Le style racing affirmé attire les regards, et je prends plus de plaisir à rouler à moins de 80 km/h dans Rennes ou sur les routes sinueuses autour. En revanche, dès que je prends l’autoroute ou que je dépasse les 100 km/h, la visibilité reste problématique. Je me fie alors plus aux mouvements de tête qu’au reflet, ce qui n’est pas idéal mais devient une habitude. J’ai aussi remarqué que les sorties courtes sont moins pénibles, alors que les longs trajets fatiguent les yeux et le cou.
J’ai découvert un autre petit truc pratique : l’application de pâte anti-grippage sur le pivot. Après une sortie pluvieuse particulièrement humide, j’ai pu ajuster les miroirs sans galérer, alors que d’habitude le réglage devient dur avec l’humidité. Ce geste simple a rendu la fluidité meilleure et réduit le bruit de frottement. Ça m’a sauvé plusieurs fois, notamment lors d’une sortie de 70 kilomètres où j’ai dû corriger rapidement la position des rétros. Sans cette pâte, j’aurais perdu du temps et de la patience. C’est un détail que personne ne mentionne souvent, mais qui fait la différence pour maintenir une utilisation correcte dans la durée.
Si tu es comme moi, ou pas : à qui je conseillerais ces rétros
Si tu es un motard urbain ou que tu roules surtout sur des routes sinueuses à moins de 80 km/h, ces rétros Rizoma peuvent être un bon choix. En ville, la visibilité latérale est vraiment meilleure grâce à la forme légèrement convexe des miroirs. J’ai fait plusieurs trajets courts dans Rennes où j’ai pu mieux voir les véhicules dans les angles morts, ce qui m’a rassurée dans les embouteillages. Le look fait aussi une vraie différence, surtout quand tu veux un style racing sans te ruiner dans des accessoires tape-à-l’œil. L’utilisation quotidienne reste agréable, à condition de vérifier le serrage toutes les deux à trois sorties pour éviter les surprises.
Par contre, si tu es un gros rouleur sur autoroute, ces rétros ne sont pas adaptés. Les vibrations rendent ces rétros inutilisables à partir de 90 km/h. Je me souviens d’un trajet autoroutier de 200 kilomètres où, après 40 minutes à 110 km/h, le miroir devenait flou à cause des vibrations. J’étais obligé de me reposer uniquement sur les mouvements de tête pour vérifier derrière, ce qui fatigue rapidement et augmente le risque. La sensation de fading du reflet ne laisse aucun doute : ces rétros ne tiennent pas la cadence sur autoroute. Pour moi, c’est un frein clair pour ceux qui passent du temps à rouler vite.
- Les rétros d’origine : plus volumineux, mais stables et fiables à haute vitesse.
- Les embouts de guidon classiques : moins esthétiques, mais plus robustes et sans vibrations majeures.
- Les modèles avec amortisseurs intégrés : je ne les ai pas testés, mais ils semblent prometteurs contre les vibrations.
- Les rétros bar-end universels à fixation renforcée : proposent un bon compromis esthétique/pratique selon les retours.
- Les versions Rizoma noires anodisées : plus sujettes à la décoloration, mais plus discrètes visuellement.
Mon bilan tranché après plusieurs mois d’usage
Au bout ieurs mois, ce qui fait la différence avec ces rétros Rizoma, c’est clairement le style réussi. La finition anodisée, la forme racing et la largeur réduite au guidon donnent un vrai coup de jeune à la Honda CB650R. La visibilité latérale est meilleure que les rétros d’origine, surtout en conduite urbaine ou sur petites routes. Mais ce qui coince, c’est tout ce qui touche à la stabilité du reflet à vitesse élevée. Les vibrations, le fading, le grincement au pivot et la fragilité des joints en caoutchouc rendent l’usage pénible sur autoroute ou routes rapides. Ces problèmes techniques empêchent d’en faire un accessoire fiable pour tous les usages.
Mon enthousiasme a bien baissé avec le temps. Au début, je fermais les yeux sur ces défauts, mais après avoir failli perdre un miroir en roulant à cause d’un desserrage progressif, j’ai compris que je ne pouvais pas ignorer la sécurité. La découverte du délaminage des joints a été un vrai coup dur. Ce n’est pas un détail secondaire, surtout quand tu comptes sur tes rétroviseurs pour surveiller la route. J’ai aussi été surprise par l’odeur de plastique chauffé que j’ai sentie après une sortie autoroutière de 200 kilomètres, signe d’une possible fragilité des matériaux sous le soleil. Tous ces petits signes m’ont fait changer d’avis sur la durabilité à long terme.
Aujourd’hui, je garde ces rétros pour un usage urbain et pour le style, mais je ne les recommande pas à ceux qui roulent vite régulièrement. Si tu fais beaucoup d’autoroute, tu vas te retrouver avec une visibilité dégradée et un stress permanent. En revanche, si tu cherches à customiser ta CB pour la ville ou les petites routes, que tu es prête à vérifier le serrage régulièrement et à bricoler un peu, ces rétros peuvent te plaire. Chaque profil a une expérience différente, mais pour moi, le compromis est trop important pour les gros rouleurs. Je préfère garder le look racing sur la moto, tout en sachant que ça ne remplacera jamais la robustesse et la stabilité des rétros d’origine quand tu pousses la vitesse.



