Ce que j’ai vraiment vécu après 300 km avec la selle bagster confort versus la selle d’origine

avril 18, 2026

J’avais à peine quitté la maison que la pluie fine s’est invitée sur ma route. Mon bassin, posé sur la selle Bagster confort neuve, a commencé à glisser sans prévenir. Une sensation que je n’avais jamais connue avec la selle d’origine de ma Yamaha MT-07. Ce micro-dérapage a tout déclenché. Après 300 km de roulage sur différents types de routes, j’ai décidé d’attaquer le problème en testant un spray antidérapant, puis un coussin gel et un traitement anti-UV. J’ai noté chaque changement, chaque inconfort, chaque progrès, pour comprendre ce qui fonctionnait vraiment sur cette selle Bagster. Ce récit raconte mes essais, mes doutes, et les chiffres concrets que j’ai mesurés sur le terrain.

Comment j’ai organisé mon test sur 300 km en conditions réelles

Pour ne rien laisser au hasard, j’ai planifié mes sorties sur trois jours consécutifs, en totalisant précisément 300 km. Le premier jour, j’ai roulé 90 km sur des routes sinueuses autour de Rennes, avec un peu de pluie intermittente. Le deuxième m’a conduit sur l’autoroute pour 120 km, histoire de voir comment la selle se comportait à haute vitesse. Le dernier jour, j’ai enchaîné 90 km sur des petites départementales, avec du vent et un temps sec. Ce mélange m’a semblé assez représentatif d’un usage quotidien pour un motard amateur comme moi, qui ne fait pas que de la ville ou que de l’autoroute. Chaque sortie durait entre 2 h et 3 h, réparties en plusieurs pauses pour noter mes sensations.

J’ai comparé la selle Bagster confort, neuve, avec la selle d’origine de ma Yamaha MT-07 2016, qui affiche 45 000 km. La selle Bagster est plus volumineuse, avec une mousse à mémoire de forme censée réduire les points de pression. Elle pèse environ 3,8 kg contre 3,2 kg pour l’origine, et son revêtement est un similicuir plus lisse, moins texturé. La finition est soignée, avec des coutures renforcées, mais cette texture plus lisse m’a intrigué dès le départ, surtout pour la tenue sous la pluie. La selle d’origine reste plus ferme, avec une mousse classique, et un revêtement plus rugueux, ce qui semble mieux accrocher le pantalon.

Pour évaluer le confort, j’ai noté mes douleurs aux ischions, la sensation de glissement du bassin, et j’ai aussi essayé de mesurer la répartition de la pression avec un capteur simple que j’ai emprunté à un ami kiné. Chaque jour, je notais aussi l’état du revêtement, surtout après les passages sous la pluie. J’ai commencé sans traitement, puis j’ai appliqué un spray antidérapant spécifique pour cuir et similicuir, histoire de voir si ça réduisait la glisse. Après 150 km, j’ai ajouté un coussin gel pour compenser le tassement que j’avais commencé à sentir. Enfin, au bout de deux semaines, j’ai traité la selle avec un produit anti-UV pour éviter la cristallisation du coutil, un problème que j’avais repéré sur des selles Bagster plus anciennes.

Je voulais une approche progressive, pour isoler l’effet de chaque solution. J’ai aussi pris soin de vérifier l’installation de la selle à chaque fois. La première pose a failli tourner au cauchemar : j’avais mal aligné la selle et le verrouillage central a grippé, ce qui m’a obligé à démonter la selle sur le bord de la route. Une erreur bête, mais qui m’a bien rappelé que ce genre d’intervention demande de la patience et du soin. Après ce raté, j’ai contrôlé l’alignement à chaque sortie pour éviter toute mauvaise surprise.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas comme prévu

C’était en fin de matinée, le ciel était chargé et la pluie fine s’est mise à tomber. Sur une courbe à droite, j’ai senti mon bassin glisser vers l’avant sans que je puisse vraiment contrôler le mouvement. La selle Bagster, que je pensais sûre, m’a trahi. J’ai immédiatement ralenti, posé un pied au sol et fait un check rapide. Cette sensation de glissement m’a surpris, car la selle d’origine n’avait jamais laissé ce genre de doute. J’ai passé ma main sur le revêtement et j’ai senti une surface presque lisse, comme une peau d’orange subtile mais qui manquait clairement d’adhérence. Ce contact froid et glissant sous la pluie a confirmé que le similicuir ne jouait pas en ma faveur.

En comparant tactilement, la selle d’origine offrait une prise bien plus franche, avec un grain plus marqué. J’ai pensé que l’humidité avait accentué le phénomène, mais le revêtement de la Bagster semblait déjà poli, presque ciré malgré l’usage limité. J’ai supposé que cette texture plus fine associée à la mousse viscoélastique, qui devient un peu gluante sous l’effet de la pression et de la chaleur, participait à ce glissement. J’avais lu que la mousse pouvait présenter un phénomène de gélification partielle, avec un durcissement localisé qui modifiait la tenue.

Pour tenter d’y remédier, j’ai choisi un spray antidérapant destiné au cuir et similicuir, conseillé par un collègue motard. J’ai pulvérisé une fine couche sur la selle, en suivant scrupuleusement les instructions. Au toucher, la surface est devenue plus granuleuse, moins glissante. Sur le moment, j’ai apprécié la nouvelle accroche, plus sécurisante. J’ai enfourché la bécane pour un test de 50 km, alternant routes sèches et petites averses. Rapidement, j’ai constaté que le glissement avait diminué, mais il n’avait pas disparu. Après une heure sur la selle, j’ai senti que le spray s’était un peu estompé, et la mousse viscoélastique avait commencé à s’affaisser, ce qui modifiait la position du bassin.

Ce qui m’a laissé un doute, c’est que ce produit, bien que correct pour un usage occasionnel, n’a pas tenu la distance sur cette mousse à mémoire de forme. Le revêtement, déjà lisse, combiné à la gélification progressive de la mousse, a maintenu une sensation de bascule vers l’avant. J’ai pensé que la mousse s’était tassée plus vite que prévu, ce que j’ai confirmé en démontant la selle après 280 km. L’affaissement au centre était net, signe que la mousse avait perdu son moelleux initial. Malgré le spray, le bassin glissait encore, surtout sous la pluie. J’ai aussi remarqué une légère délamination au niveau des coutures latérales, étonnamment rapide pour une selle neuve. Ce défaut devait provenir d’un collage mal fait ou d’une tension excessive lors de la fabrication.

Cette journée a été un tournant. La sensation tactile de similicuir glissant, mêlée à l’affaissement de la mousse, m’a clairement montré que la selle Bagster ne se comportait pas comme je l’attendais. J’ai senti qu’il fallait agir plus en profondeur, sinon ce micro-dérapage allait continuer à gâcher mes sorties. J’ai aussi noté une odeur légère de polymère chauffé après ces longues heures sur la selle, signe que la mousse avait subi une surcharge thermique, probablement accentuée par les arrêts au soleil. Ce mélange d’affaissement, de glissement et de surchauffe n’était pas visible sur la selle d’origine, plus simple mais plus fiable sur ce point.

Trois semaines plus tard, la surprise avec les ajustements

Face à ces limites, j’ai décidé d’ajouter un coussin gel sur la selle Bagster, pour compenser le tassement de la mousse. J’ai choisi un modèle assez fin, de 1,5 cm d’épaisseur, facile à installer avec des sangles. Dès les premiers kilomètres, j’ai senti la différence. Le gel apportait un rebond supplémentaire, surtout sur les ischions, et réduisait la sensation de bascule vers l’avant. Je ne m’attendais pas à un tel confort dès la première utilisation, le gel redistribuait mieux la pression, rendant la position moins fatigante.

J’ai mesuré la répartition de la pression avec un capteur simple, posé entre la selle et le coussin. Le protocole consistait à rouler 30 minutes sur une route sinueuse, puis à analyser la répartition en zones rouges, jaunes et vertes. Sans coussin, j’avais une zone rouge assez concentrée sous les ischions, signe d’un point dur. Avec le coussin, cette zone s’est élargie en jaune, traduisant une meilleure répartition. Ce résultat technique m’a convaincu que le gel compensait bien le tassement de la mousse, même si la selle restait un peu plus molle que l’origine.

Après 15 jours, j’ai appliqué un traitement anti-UV sur le revêtement. Le mode d’application était simple : une couche fine étalée avec un chiffon doux, en deux passes espacées de 24 h. J’ai vu rapidement un effet sur la souplesse du similicuir, qui paraissait moins rigide et plus résistant. Ce traitement a ralenti la cristallisation du coutil, ce qui m’a évité un vieillissement accéléré. Même après 300 km, le revêtement gardait une texture souple, sans craquelures visibles. Cela m’a rassuré car j’avais vu chez d’autres motards des selles Bagster plus anciennes avec un effet peau d’orange marqué.

Au final, après 300 km, la selle présentait un tassement léger, mais le coussin gel compensait bien ce défaut. Je n’ai pas vu de nouvelle délamination ni de dégradation notable du revêtement. L’odeur de polymère chauffé, présente après les premières heures en plein soleil, s’est atténuée avec le temps. Le mélange mousse viscoélastique et gel a rendu la selle plus confortable sur les longs trajets. Je sentais moins les vibrations et la pression sur les ischions, et le micro-glissement sous la pluie avait presque disparu grâce au spray et au traitement anti-UV.

Mon verdict au bout de 300 km : ce qui marche vraiment et ce qui reste à renforcer

Après ces 300 km, j’ai pu faire un bilan clair. La mousse à mémoire de forme de la selle Bagster commence à rendre ses premiers bénéfices dès 150 km, avec un confort amélioré et une meilleure répartition de la pression. Le spray antidérapant a nettement amélioré la tenue sous la pluie, même si son effet s’estompe après quelques heures. Le coussin gel compense bien le tassement de la mousse, en réduisant les points durs qui apparaissent au bout de 280 km. Le traitement anti-UV a empêché la cristallisation du similicuir, ce qui est rassurant pour la durabilité du revêtement.

Cela dit, certains défauts persistent. La sensation de bascule vers l’avant reste perceptible, surtout sur les longues sorties. La mousse viscoélastique a tendance à chauffer en été, ce qui crée une légère odeur de plastique chauffé et une perte temporaire de souplesse. Le poids de la selle avec le coussin gel est supérieur à celui d’origine, ce qui se ressent légèrement dans les manœuvres à basse vitesse. Enfin, l’entretien est plus poussé : j’ai dû appliquer le spray antidérapant toutes les deux sorties, et renouveler le traitement anti-UV après trois semaines pour garder la souplesse.

Pour mon usage, ce combo selle Bagster plus spray, coussin gel et traitement anti-UV fonctionne bien, surtout si tu fais des trajets mixtes route et autoroute et que tu cherches un confort accru. Je pense que ce montage est adapté aux motards qui acceptent un peu d’entretien supplémentaire et un poids un peu plus élevé. Par contre, si tu privilégies la simplicité ou si tu roules en ville uniquement, la selle d’origine reste plus fiable, avec une meilleure tenue naturelle et moins de contraintes. J’ai aussi entendu parler d’alternatives avec des revêtements plus texturés, mais je ne les ai pas testées.